Abousoufiane Elkabouss
À l’origine, le titre de consul honoraire est une fonction honorifique, bénévole et strictement encadrée, destinée à assurer des missions limitées de représentation, d’assistance aux ressortissants et de promotion économique ou culturelle. Pourtant, au Maroc comme dans plusieurs pays d’Afrique, ce statut est de plus en plus détourné de sa vocation initiale pour devenir un outil d’influence, voire un produit monnayable. Selon des sources concordantes, certains hommes d’affaires marocains fortunés parviennent à obtenir ces titres auprès d’États étrangers à faible contrôle institutionnel, en recourant à des intermédiaires, à des paiements occultes et à des réseaux mêlant affaires, politique et diplomatie informelle. Les montants évoqués varient de dizaines à centaines de milliers d’euros, en fonction du pays représenté et des privilèges attendus
Derrière l’apparente respectabilité du titre se cachent des avantages très convoités : plaques et véhicules à statut diplomatique, facilités douanières, accès privilégié à des cercles décisionnels, prestige social immédiat et, dans certains cas, une protection symbolique utilisée pour sécuriser des transactions sensibles ou contourner des contrôles. Cette dérive prospère dans une zone grise juridique, alimentée par un manque de vérification approfondie des conditions d’attribution, de la légitimité des États accréditants et de l’usage réel du statut sur le terrain. Le résultat est l’émergence d’une diplomatie parallèle, opaque et peu traçable, qui fragilise la transparence institutionnelle
Au-delà des risques juridiques et éthiques, ces pratiques portent atteinte à la crédibilité de la diplomatie internationale et nuisent à l’image du Maroc en tant qu’État de droit. Elles discréditent également les consuls honoraires intègres qui exercent leur mission avec sérieux. En laissant s’installer l’idée que l’argent peut acheter des symboles diplomatiques, ce système alimente la défiance et appelle à un renforcement des contrôles, à une meilleure coopération avec les pays accréditants et à une clarification des responsabilités, afin de préserver la légitimité d’un statut qui ne devrait jamais être détourné de l’intérêt général






















































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