Abousoufiane Elkabouss
Dans un silence troublant et sous couvert de procédure migratoire, 25 migrants, parmi lesquels figurent des Marocains, ont été transférés par les États-Unis vers le Costa Rica dans le cadre d’un accord de “pays tiers” entré récemment en application. Le 11 avril 2026, les autorités costariciennes ont confirmé l’arrivée d’un premier groupe de 25 personnes expulsées depuis les États-Unis, en précisant que ces migrants seraient pris en charge dans un centre d’accueil avec l’appui initial de l’Organisation internationale pour les migrations. Parmi eux, des ressortissants de plusieurs pays, dont le Maroc. Derrière cette présentation administrative, la réalité humaine est beaucoup plus inquiétante : des hommes et des femmes sont déplacés loin de leur point d’arrivée, envoyés vers un pays qui n’est pas le leur, sans visibilité réelle sur leur avenir, sans enracinement local et avec une vulnérabilité extrême qui alarme déjà les défenseurs des droits humains. À ce stade, aucune source fiable ne permet d’affirmer que ces Marocains ont été livrés à des réseaux de traite humaine ou à des circuits de prélèvement d’organes. En revanche, ce que cette affaire révèle avec brutalité, c’est le danger immense auquel sont exposés des migrants arrachés à toute stabilité juridique et sociale : lorsqu’un être humain est déplacé dans l’opacité, sans garanties fortes, sans accompagnement clair, sans contrôle public suffisant et dans une précarité totale, il devient une cible idéale pour les réseaux criminels, les trafiquants, les exploiteurs et toutes les formes de prédation humaine. Le scandale est donc double : d’un côté, une politique américaine qui externalise la question migratoire en déplaçant des personnes comme s’il s’agissait de simples dossiers à évacuer ; de l’autre, une inquiétude grandissante sur le sort réel de ces migrants, notamment des Marocains, qui risquent de disparaître dans les marges d’un système où la dignité humaine passe après les calculs politiques. Selon les éléments publiés, le Costa Rica pourrait recevoir jusqu’à 25 personnes par semaine dans ce cadre, ce qui renforce encore les craintes d’un mécanisme froid, répétitif et potentiellement destructeur pour des vies déjà fragilisées par l’exil. Pour les familles, pour l’opinion publique et pour les autorités marocaines, une question s’impose désormais avec force : qui protège réellement ces ressortissants une fois transférés dans un pays tiers ? Tant que cette réponse ne sera pas claire, tant que leur sécurité, leur statut, leur suivi et leurs droits ne seront pas garantis de manière transparente, cette opération gardera le visage d’un abandon organisé, avec en toile de fond le spectre effrayant de l’exploitation humaine























































عذراً التعليقات مغلقة