Abousoufiane Elkabouss
Dans une décision lourde de sens, la Cour d’appel de Rabat a confirmé, dans la nuit du mardi 7 au mercredi 8 avril 2026, la condamnation à cinq ans de prison ferme de Mohamed Ziane, ancien bâtonnier, ex-ministre des Droits de l’Homme et figure bien connue de la scène politique et judiciaire marocaine. Ce verdict intervient à l’issue d’un nouveau procès ordonné après l’annulation du précédent arrêt par la Cour de cassation en décembre 2025, refermant provisoirement un nouvel épisode d’une affaire aussi sensible que retentissante. En rétablissant la peine initialement prononcée en première instance, alors qu’un précédent arrêt d’appel l’avait réduite à trois ans, la juridiction de Rabat envoie un signal fort dans un dossier qui dépasse largement le seul cadre judiciaire. Car au fil des audiences, l’affaire Mohamed Ziane s’est imposée comme l’un des procès les plus commentés du pays, mêlant enjeux politiques, bataille d’interprétations et tensions persistantes autour des libertés publiques et de la place des voix critiques dans le débat national. Selon plusieurs comptes rendus publiés à l’issue de l’audience, la cour a validé le jugement dans une affaire liée au Parti marocain libre, où l’ancien ministre était poursuivi pour des faits présentés comme relevant du détournement, de la dilapidation ou de l’appropriation irrégulière de fonds en lien avec les finances partisanes. Mais au-delà de la qualification judiciaire des faits, c’est surtout la portée symbolique de cette confirmation qui frappe les observateurs. Pour les soutiens de Mohamed Ziane, cette lourde condamnation s’inscrit dans une séquence jugée préoccupante visant une personnalité connue pour ses prises de position tranchées et son ton critique. Pour ses détracteurs, au contraire, elle représente l’aboutissement logique d’une procédure judiciaire repassée par toutes les étapes du réexamen. Une chose est sûre : avec cette décision, la justice marocaine relance de manière brutale un débat déjà brûlant sur l’indépendance de la justice, la lecture politique des grands procès et les frontières mouvantes entre confrontation judiciaire et affrontement public. En confirmant cinq années de prison ferme contre une figure de cette envergure, Rabat ne se contente pas de trancher un dossier pénal ; la cour ravive aussi une onde de choc politique, médiatique et institutionnelle dont les répercussions pourraient se faire sentir bien au-delà du prétoire. Le nom de Mohamed Ziane, désormais au centre d’un nouvel épisode judiciaire majeur, continue ainsi de cristalliser une question essentielle : où se situe aujourd’hui la ligne de fracture entre justice, pouvoir et contestation au Maroc ?























































عذراً التعليقات مغلقة